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Une manifestation pour sauver foires et fêtes foraines
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Une manifestation pour sauver foires et fêtes foraines
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Jeudi 11 mai 2005 10h. La veille j’ai reçu le Marchand Forain, qui en première page rappelait que la manifestation pour sauver les fêtes foraines et les foires avait lieu le 11 mai.

Je décide d’y aller, ne sachant pas trop ce que je vais trouver.

12h30 je sors de la bouche de métro et commence à les voir. Ils sont plutôt d’humeur joyeuse. L’ambiance est plutôt bonne enfant. Je discute un peu avec eux pour savoir pourquoi ils sont ici aujourd’hui. Ils me répondent tous la même chose. « On paye déjà des emplacements très cher et maintenant ils veulent nous taxer sur nos caravanes ». « Les maires ne veulent plus nous voir en centre ville ». « Les Mairies annulent beaucoup de nos foires et fêtes foraines sou des prétextes toujours foireux ».

13h. Le cortège s’ébranle. Je me mets devant pour pouvoir prendre des photos. Nous arrivons à la Porte Dorée le cortège avance de quelque mètres et là nous voyons un car de CRS se mettre en plein milieu de la route pour empêcher les manifestants de passer. Nous avançons quand même. D’un seul coup sans crier gare les CRS charge à coup de bombe lacrimogène. Je recule avec les manifestants et nous nous mettons à l’abri en attendant que l’orage passe.

Je me pose la question. Je reste ou je repars. A ce moment je rencontre Daniel et nous commençons à discuter. Il me propose de repartir dans le cortège avec lui et j’accepte. Je lui demande de quel département il vient ? J’apprends qu’il est parti le matin même de la Charente. Il travaille sur les fêtes foraines et les foires expositions. Il se dit très inquiet pour l’avenir de sa profession. « Les maires ne veulent plus de nous dans les centres ville. Les droits de places sont de plus en plus cher. Quand on  va sur une Foire Expo les frais de raccordement Edf sont démentiels. Avant les villes nous payé pour que l’on vienne !!

Nous rattrapons le cortège. Les cirques qui rencontrent les même problème sont venus aussi.
Les personnes munis de micro passe de la musique. Il rappelle au manifestant qu’ils ne sont pas là pour casser et leur demande de défiler dans le calme. Ils entonnent « tous ensemble tous ensemble, chantent la Marseillaise ». Certains distribuent du pop corn et des peluches aux passants éberlués.

Finalement nous arrivons Place de la Bastille. On nous informe que M. Campion et les responsables des différents Syndicats Forains sont en train d’être reçu à l’Assemblée Nationale. Quelqu’un cri au micro « On va attendre ici qu’ils soient sortis et si nous n’obtenons ce que nous voulons ça va chauffer ! »

En attendant je me promène parmi les manifestants et m’aperçois qu’ils viennent de toute la France. Certains sont même venu de Belgique et du Portugal en soutien. J’estime entre 8000 et 10 000 le nombre de manifestants ce que me confirme un peu plus tard les policiers. Les autorités sont surpris. Ils n’avaient pas prévu que les forains seraient mobilisés à ce point. C’est certainement pour cela que leur représentant ont pu être reçu sans trop de problème.

Finalement quelqu’un s’adresse à la foule « on nous demande de revenir à la pelouse de Reuilly. Marcel Campion vient de sortir et nous allons savoir s’ils ont obtenu quelquechoses. Si nous n’avons rien n’obtenu nous reviendrons ici ! »

Nous reprenons notre marche en sens inverse. 20 minutes plus tard le cortège s’arrête. Je sens la tension monter. Les jeunes forains sont énervés. Nous apprenons que le coup de fil reçu un plus tôt nous demandant de repartir en sens inverse était un canular. La rumeur se répand qu’ils n’ont rien obtenu. Une poubelle flambe. Ils balancent dans le feu ce qu’ils trouvent et se munissent de bar de fer « on nous a menti alors maintenant on les attend. Ils vont voir !) Au micro « Arrêter, Arrêter, ca ne sert à rien. Je viens d’avoir Marcel. Nous avons obtenu ce que nous voulions. Continuez à avancer.

Finalement, le cortège repart et les esprits se calment. Nous arrivons à la pelouse de Reuilly. Marcel Campion et les différents responsables des Syndicats sont là aussi. Il s’adressent aux manifestants « Nous venons d’être reçu par le PS, l’UMP et l’UDF. Le PS nous a affirmé qu’ils s’opposerait au vote définitive de la taxe sur les Caravanes. Nous leur avons présenté nos réclamations, un texte officiel qui reconnaisse la place de la fête dans les villes, un médiateur reconnu par le gouvernement en cas de conflit et qui puisse défendre nos intérêts.


18h00. Les gens se dispersent au fur et à mesure. Je rentre au bureau en pensant à ce que j’ai entendu toute la journée. Finalement ce dont m’ont parlé les forains aujourd’hui, les problèmes qu’ils rencontrent, ce sont les même choses que nous entendons en ce moment sur les foires, les braderies et les marchés. (emplacements trop cher, raccordements EDF prohibitifs, toute puissance des mairies)

Parce que aujourd’hui les gens ont du descendre dans la rue pour rappeler à nos politiques que la seule chose qu’ils demandaient c’est qu’on les laisse travailler en paix et que l’on arrête de les prendre pour des vaches à lait !

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